Le langage des vibrations

Que peuvent bien « se communiquer » deux personnes qui n’émettent apparemment ou consciemment aucun signal ?

 Derrière cette petite question, tout un monde se cache. Celui des vibrations.

 C’est un monde dont les portes à peine entrebaîllées ouvrent une perspective vertigineuse sur les interactions entre l’homme et son environnement, du plus proche au plus éloigné.

Les champs vibratoires de notre communication

 

Si la large majorité d’entre nous est actuellement inconsciente de toutes les interactions qui ont lieu entre nous et notre environnement par le biais de nos énergies subtiles, peut-être qu’un jour -qui sait- nous en intégrerons la perception? Les cinq enveloppes —les koshas— dont nous parlent les yogis nous ouvrent donc à des champs de réalité qui sont autant de niveaux de communication (5).

 

La première n’est autre que notre enveloppe charnelle.

 

La deuxième enveloppe est constituée de deux parties:

 

Le champ vital instinctif (partie intérieure de la deuxième enveloppe, c’est-à-dire la plus proche du corps physique) porte les caractéristiques de notre être animal et de nos instincts vitaux élémentaires. L’harmonie au sein de cette enveloppe nous permet de ressentir quels sont les vrais besoins (organiques, et non psychologiques) de notre corps. Nous pouvons sentir avec plus de précision, par exemple, quels aliments nous conviennent.

 

Ce champ est fortement lié aux énergies de la terre. Il s’affaiblit lorsque nous séjournons sur un site tellurique qui ne nous convient pas. Il est déterminant également dans notre sexualité. Nous sommes sexuellement complémentaires des personnes qui vibrent à des fréquences proches des nôtres ; mais la similitude peut s’arrêter là (il ne va pas de soi que cette complémentarité continue à exister sur les autres plans). Lorsqu’on observe notre paysage relationnel, il est intéressant de constater qu’on y retrouve souvent le reflet de notre identité vibratoire.

 

Le champ vital périphérique (partie extérieure de la deuxième enveloppe) est en résonance avec la qualité des énergies échangées avec notre environnement immédiat -aussi bien les personnes que les lieux et les objets. Chez ceux qui ont tendance à être trop disponibles (à trop donner d’eux-mêmes jusqu’à être envahissants), cette enveloppe est trop expansée et ses contours peu structurés.

 

Ces personnes ont de la peine à sentir leurs limites et dépensent exagérément leurs énergies. Leur relation aux objets et aux lieux s’en ressent. Ils ne sont plus très observateurs de leur univers proche.

 

C’est un peu comme si, perdant les repères de cette enveloppe, ils perdaient en même temps ceux des lieux et des choses proches. La position fœtale aide l’énergie à se restructurer à ce niveau car celui-ci est en lien avec la région ombilicale et la symbolique maternelle.

 

À l’inverse, des contours très marqués de cette enveloppe traduisent une expression plus formaliste, pouvant aller jusqu’à la maniaquerie. Il y a une crainte de s’ouvrir et une difficulté à accueillir le « nouveau ».Autant les premiers ont du mal à fixer les énergies, les seconds seront sujets à la rétention, physique et émotionnelle et auront du mal à renouveler leurs forces vitales.

 

À la troisième enveloppe, correspond le champ relationnel. Cette enveloppe « parle » à notre environnement de notre équilibre émotionnel profond, de nos facultés imaginatives, des rêves, des fantasmes ou des refoulements qui sont en nous. Lorsque notre champ relationnel est équilibré, nos ondes sont porteuses de messages plus limpides pour les autres. Notre simple présence est ressentie comme harmonisante, favorable à leur créativité et leur bonne humeur.

 

C’est par cette longueur d’onde que nous « installons » dans la communication, sans qu’aucune parole soit nécessaire, les systèmes de croyance implicites qui tiennent lieu de cadre à notre pensée ou à nos attitudes. Lorsque ce niveau d’énergie est affaibli, nous avons du mal à émettre nos propres désirs, que nous ne savons d’ailleurs plus très bien définir. Notre aura communique aux autres une inconfortable sensation de flottement et d’indécision qui attire inconsciemment l’emprise des autres. Par contre, lorsque nous accumulons les colères refoulées, les parois de cette enveloppe sont tendues comme un ballon gonflé à bloc. Les sympathies comme les antipathies que nous ressentons ou suscitons peuvent être extrêmes. Les autres « entrent » dans notre bulle ou bien ils rebondissent contre ses parois. C’est un peu comme si le message émis dans l’invisible disait : «Je vous ordonne de ne pas me contrarier !»

 

Le champ transpersonnel, zone du « passage » vers le Soi, est également en relation avec la troisième enveloppe, mais avec sa partie la plus extérieure.

 

En fait, c’est un véritable travail de transmutation au sein des énergies de cette enveloppe qui est à l’origine de l’ouverture de ce champ. On peut parler d’une « conversion du cœur » qui fait vibrer celui-ci au diapason de l’Amour universel et non plus à celui de la tyrannie de l’ego.

 

Selon le yoga, cette enveloppe est celle du Kama, le désir-attachement, associé à la croyance au moi. Seule une aspiration intérieure sincère à s’en délivrer peut libérer l’énergie nécessaire à la transformation (6).

 

Par cette ouverture, nous nous éveillons au monde suprasensible et devenons, souvent involontairement, un éveilleur pour les autres. Une dynamique de transformation agit en nous et elle se communique aussi à notre entourage.

 

Le champ planétaire ou fréquence collective, est lié à la quatrième enveloppe. À travers ce champ, notre perception intérieure s’élève jusqu’au niveau global de la conscience humaine et terrestre. La conscience planétaire se construit essentiellement par l’éveil personnel de chacun à cette fréquence collective.

 

Par l’expérience de cette ouverture, nous nous sentons être une partie intégrante de l’humanité, et cela « physiquement », avec nos cellules. Il nous devient alors possible de ressentir l’humanité comme un puzzle dont l’ensemble se fait jour à notre conscience. Nous découvrons la juste manière d’inscrire notre petite pièce dans l’ensemble, à la place unique qui est la sienne.

 

Le développement harmonieux de ce champ chez une personne a pour corollaire une qualité d’être qui galvanise les élans d’évolution des autres êtres, les aide naturellement à se dépouiller de leur subjectivité, de leurs partis pris et de leurs mobiles égocentriques.

 

Lorsque l’énergie de ce champ est perturbée, éveillée accidentellement ou prématurément, l’ouverture à l’inconscient collectif se traduit par une perte du libre-arbitre, le développement de mythomanie ou autres psychoses. Certains cas de « gourouïsme aigu » s’inscrivent dans cette catégorie.

 

Le champ universel ou la communication avec l’Univers correspond à la cinquième enveloppe.

 

Toutes les traditions le disent, le dialogue avec l’Univers commence par le « centrage ». Oui, mais où est-il donc, ce fameux centre ? Certains, sans hésiter, désignent le hara (7), plus en rapport par sa localisation avec l’énergie vitale et sexuelle. Mais par ailleurs, l’épiphyse ou glande pinéale était considérée comme le siège de l’âme par les anciens. Nous voici donc avec non plus un, mais deux centres !

 

Mais cela n’est peut-être pas si illogique. Un centre, pour la partie visible et limitée de notre réalité, un autre centre pour la part « invisible » et plus universelle. Qui sait ? C’est peut-être dans le lien entre les deux que réside le secret de l’unité du corps et de l’esprit…

 

Pour dialoguer avec l’univers, il est nécessaire d’avoir vraiment soif de cette communication. C’est cette soif qui, en effet, nous fait ouvrir l’espace intérieur indispensable à la réception du message. Cette demande doit nous habiter intégralement, profondément. Alors, viennent des réponses. Ces réponses de l’univers ne sont pas forcément des phrases ou des mots ; elles ressemblent plutôt au dénouement de quelque chose à un niveau de nous-même. Celui-ci clarifie, et souvent résout un problème à un niveau équivalent de notre existence

 

Dans le brouhaha de « l’entre-deux-millénaires » dans lequel nous sommes, une nouvelle conscience planétaire extrêmement fragile tente de se faire jour. Si la large majorité d’entre nous est actuellement inconsciente de toutes les interactions qui ont lieu entre nous et notre environnement par le biais de nos énergies subtiles, gageons qu’un jour nous en intégrerons la perception. Déjà ici et maintenant, dans votre vie, nous pouvons ouvrir en nous la place à ce monde naissant.

Le voyage

Aujourd’hui est le bon jour pour dire à vos amis combien ils comptent pour vous. La vie est courte et le temps que vous passez avec les autres est limité. Dites à ceux que vous aimez que vous chérissez les moments passés ensemble et que vous attendez de passer plus de temps ensamble. La vie est un voyage, assurez-vous de faire savoir à vos co-voyageurs combien vous appréciez leur compagnie 🙂

les âmes jumelles

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« Un peu à l’image des jumeaux « humains », nés d’un même œuf originel qui un jour se scinde pour donner vie à deux êtres, les âmes-jumelles sont issue d’une même flamme-jumelle originelle, concentré de pure énergie Divine.

Lors de leur séparation, ces âmes émettent le vœu inaltérable de rester solidaires l’une de l’autre.

Elles sont co-créatrices de leur évolution qui restera toujours commune, l’une attendant l’autre à mesure des expériences de vie.

Ces âmes ne se sépareront jamais. Même si elles n’ont pas toujours été côte à côte dans le même contexte, dans les mêmes connaissances, elles sont liées et se ressourcent à la même flamme, celle de leur amour et des promesses posées.

Ces amours cosmiques ne sont pas illusoires.

Leur histoire n’est pas une histoire d’amour banale, c’est un sacrement qui touche l’univers tout entier. Les âmes jumelles sont un seul cœur qui bat à l’unisson pour leur amour, qui leur donne la possibilité de s’élever davantage ensemble vers des sommets qu’elles n’auraient pas pu gravir sans l’autre partie d’elles-mêmes.

Il n’y a pas de possibilité, pour ces âmes, de fusionner avec d’autres âmes, dans le sens fusion totale, énergétique et cosmique.

Les âmes-jumelles n’ont aucun doute, lorsqu’elles se rencontrent dans la matière, qu’elles sont bel et bien jumelles.

Elles constatent que durant l’existence dans laquelle elles se retrouvent physiquement, elles ont été attirées par les mêmes choix de vie, ont eu les mêmes parcours.

Elles se reconnaissent d’instinct, ressentent des forces qui les attirent l’une à l’autre.

Elles deviennent très vite des amis proches, des confidents, ayant en elles la certitude de ne pas se tromper.

Une initiation terrestre peut être demandée aux âmes, selon les paramètres des expériences vécues par chacune d’entre elles.

Par exemple, l’amour sans limite : Même si une séparation physique est demandée par les âmes, il vaincra toutes les attentes et donnera force et patience.

Il peut s’agir aussi de tests énoncés par les deux âmes pour que leur futur couple n’entre plus, par exemple, dans des clichés de possessivité.

Il peut y avoir aussi une demande de travailler sur la non-dépendance à l’autre, car dans un couple d’âmes-jumelles, chacun doit pouvoir rester lui-même tout en se donnant entièrement.

Les âmes-jumelles se rendent compte rapidement qu’elles ont sans cesse besoin d’être dans l’énergie de l’autre.

Cela pousse ces êtres à être toujours collés l’un à l’autre, et une immense tendresse envahit leurs âmes et leur esprit dès qu’ils s’approchent l’un de l’autre.

Ces âmes-jumelles qui se retrouvent sur terre ont un pouvoir qu’elles doivent pouvoir gérer, ensemble, après en avoir pris conscience.

Elles peuvent, et apprennent, à être dans l’énergie de l’autre à distance, en méditant au même instant, ces âmes se rapprochant dans un tourbillon énergétique qui les fait se rejoindre au même endroit.

Petit à petit, elles savent utiliser leur énergie commune pour la guérison ou la transmission d’énergies plus élevées encore, pour la planète Terre, pour leurs frères et sœurs en souffrance…

Il y a souvent des difficultés à bien comprendre cette attirance d’un point de vue humain.

Mais quoiqu’il arrive, l’union est inaltérable.

Et la beauté de cette rencontre ou prise de conscience ne peut laisser indifférent… ».

La terre a tourné :)

http://www.expressio.fr/expressions/la-roue-tourne.php

 

[ EXPRESSION ]
« La roue tourne »

[ SIGNIFICATION ]
Les choses changent, évoluent.
Les hasards et vicissitudes de la vie font passer quelqu’un de la réussite à l’échec, ou inversement.

[ ORIGINE ]
La roue qui tourne symbolise l’avancement perpétuel, celui du temps au cours duquel les choses évoluent, en bien comme en mal.

Mais cette roue, c’est aussi celle de la fortune, la déesse romaine Fortuna[1], divinité de la chance et du hasard. Cette divinité est en effet souvent représentée avec une roue symbolisant le destin[2] (celui qui peut nous faire monter haut, mais aussi chuter très bas) et tenant une corne d’abondance (dont le contenu n’est destiné qu’à ceux qui sont dans le haut du mouvement, bien entendu).
Cette déesse était réputée capricieuse, délivrant aux hommes les bonnes et mauvaises choses selon son bon vouloir, ce qui expliquait qu’un homme ayant réussi pouvait se trouver un peu plus tard en état de disgrâce, ou lycée Hoche[3].

[1] C’est cette déesse qui est évoquée par Carl Orff dans son fameux Carmina Burana (Lien externe).

[2] Et dont une réprésentation moderne se trouve dans le jeu « la roue de la fortune » avec cette roue qui, selon le hasard ou la chance du joueur, s’arrête sur une position qui indique si on a gagné un peu, beaucoup ou perdu.

[3] Car, comme chacun sait, le lycée Hoche est un des lycées de Versailles (euh… pour celle-là, il faut avoir lu San-Antonio ou écouté Coluche).


[ EXEMPLE ]
« C’était encore un de ceux qui étaient toujours avec les vainqueurs, (…) il sentait bien que la roue tournait et prenait ses précautions: planquer quelqu’un comme elle, n’était pas une mauvaise garantie »
Elsa Triolet – Le premier accroc coûte deux cent francs

[ AILLEURS ] 

Pays / Région Expression équivalente Traduction littérale
Algérie
Proposé par salamo3alaycom
zman iddour / الزمان يدور Le temps change/ tourne
Argentine
Proposé par Lutetios
La vida gira La vie tourne
Argentine
Proposé par augustechattah
Las cosas cambian. Les choses changent.
Argentine
Proposé par egerese
Todo da vueltas. Tout tourne.
Brésil
Proposé par Gadoue
O mundo dá voltas Le monde tourne
Brésil
Proposé par saurios
A fila anda ! La ligne marche !
Canada (Québec)
Proposé par alma53
La vie continue  
Espagne
Proposé par Juanma
El mundo da muchas vueltas Le monde fait beaucoup de tours
Espagne
Proposé par santygaby
Vendran tiempos mejores Des temps meilleurs viendront
Espagne
Proposé par coraje
La vida da muchas vueltas La vie tourne et retourne beaucoup de fois
États-Unis Life goes on La vie continue
Grèce
Proposé par macondooo
ρόδα είναι και γυρίζει C’est une roue et elle tourne
Hongrie
Proposé par turaia
A szerencse forgandò. Le hasard tourne.
Hongrie
Proposé par raczjudit
Fordul a kocka Le dé se tourne
Hongrie
Proposé par raczjudit
Egyszer fenn, egyszer lenn. Une fois en haut, une fois en bas.
Italie La ruota della fortuna gira La roue de la fortune tourne
Maroc
Proposé par laymoun
Yaoume laka oua yaoum alayka Un jour pour toi et un autre pour autrui
Pays de Galles
Proposé par twmprys
Mae tro ar fyd La terre a tourné
Pays-Bas
Proposé par dutcheaglet
Het rad van avontuur La roue de la fortune
Pays-Bas
Proposé par Gaillard
De bal is rond Le ballon de football est rond
Roumanie
Proposé par macondooo
Se intoarce roata Elle tourne, la roue
Roumanie
Proposé par MAntoine
Se-nvârte roata/se învârte roata La roue tourne
Serbie
Proposé par Ninocka
Tocak se okrece La roue tourne

Je vaux qu’on m’aime – autosuggestion positive

http://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Estime-de-soi/Articles-et-Dossiers/Comment-s-aimer-soi-meme/Cet-indispensable-amour-de-soi

http://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Estime-de-soi/Articles-et-Dossiers/Comment-s-aimer-soi-meme/Exercices-d-estime-de-soi

A première vue pourtant, l’idée de s’aimer soi-même paraît futile, ridicule…

…comme s’il n’y avait rien de plus important dans l’existence ! – ou très prétentieuse.

Traditionnellement et culturellement, c’est sur la capacité d’aimer autrui qu’est mis l’accent. Mais la psychologie moderne nous tient un discours très différent. Elle pose que s’aimer un minimum est indispensable pour éprouver du plaisir et trouver du charme à la vie. Il suffit d’ailleurs d’imaginer les journées de quelqu’un qui se lèverait tous les matins en se trouvant bête et laid, persuadé de son infériorité et de son indignité à être aimé. Il est facile d’en déduire que sa vie affective et professionnelle tiendrait du calvaire.

Pour le psychologue William James (1842-1910), auteur notamment de “Précis de psychologie” (Bibliothèque de l’homme, 1999), l’amour de soi est le produit d’un écart suffisamment mince entre nos ambitions et nos réussites effectives. Les recherches les plus récentes récusent toutefois ce réalisme, montrant qu’il est préférable de ne pas avoir une vision trop lucide de soi-même et de ses véritables aptitudes.

Les psychiatres américains Robert Ornstein et David Sobel, qui ont livré le fruit de leurs recherches en matière d’image de soi dans “Les Vertus du plaisir” (Laffont, 1992) affirment que « le bonheur est le privilège de ceux qui savent cultiver les illusions positives, et sont capables de s’estimer plus intelligents et plus compétents qu’ils ne le sont ». Vous pensez fermement que votre patron vous apprécie tout particulièrement quand, pour lui, vous n’êtes qu’un salarié moyen ? Tant mieux ! Quelqu’un vous fait part de son opinion à votre sujet, vous trouvant avare mais charmant, dominateur, brillant et un peu agressif. Si vous êtes une personne équilibrée, vous vous souviendrez de « charmant », « brillant » et, éventuellement, d’ »agressif ».

« La surévaluation de soi et l’oubli immédiat des qualificatifs dérangeants sont salutaires, insistent Robert Ornstein et David Sobel. Notre vision de nous-même n’est qu’une construction de notre esprit. Il nous appartient donc de la rendre aussi plaisante que possible, tout en évitant, naturellement, de sombrer dans la mégalomanie. Les individus parfaitement réalistes sont toujours légèrement déprimés. »

Se reconnaître une certaine valeur

Les dictionnaires de psychologie définissent l’amour de soi par un ensemble d’attitudes : se reconnaître une certaine valeur, se ménager, protéger son territoire intime, sa santé physique et psychique, connaître ses intérêts réels. Il s’agit d’être une « bonne mère » pour soi-même.

Mais si l’amour de soi se manifeste dans les actes que nous posons, il est d’abord une affaire de vécu intérieur, de ressenti personnel. Je peux m’estimer intellectuellement, avoir confiance en moi, tout en supportant difficilement mon apparence physique. Une vision relativement positive de soi n’exclut en rien que l’on se reproche un ou plusieurs traits de caractère particuliers ou certaines failles intellectuelles – manque de courage, d’ambition ou de ténacité par exemple.

Une étude américaine, réalisée en 1993 sur la base d’un questionnaire adressée à plusieurs centaines de personnes entre 20 et 30 ans et dirigée par le chercheur James Overholser, a confirmé qu’hommes et femmes ont des critères d’appréciation d’eux-mêmes différents – ce dont on se doutait un peu. Les premiers s’aiment à travers leurs réussites, professionnellement ou dans une activité physique, tandis que les secondes ont viscéralement besoin de voir leur entourage reconnaître leurs qualités personnelles.

Il est exceptionnel de s’accepter totalement, la vie quotidienne le démontre. Cette insatisfaction, inhérente à la nature humaine, permet de croire que la plénitude existentielle n’est pas un mythe. Et qu’il eût suffit d’un rien pour que nous puissions en jouir – des yeux bleus et non bruns, cinq centimètres de plus, ou une culture générale légèrement plus vaste par exemple.

S’aimer soi-même implique une capacité à ne pas se soucier que de soi…

…et à ne pas se déresponsabiliser face à autrui en s’appuyant sur des considérations du style : « On me prend intégralement comme je suis ou bien adieu. » C’est même l’inverse. L’amour de soi suppose une bonne dose de conscience, de connaissance de ses fonctionnements mentaux. Il va de pair avec la capacité de s’adapter aux besoins d’autrui, sans toutefois s’y aliéner, et avec l’aptitude à se transformer quand c’est nécessaire.

Dire que l’homme est un animal social n’est pas une clause de style : notre structuration psychique passe par l’autre. Notre prochain, son image, son regard constituent des points d’appui pour se diriger dans la vie. Les jugements que nous portons sur nous en sont tributaires. D’où la naïveté des discours qui nous enjoignent de ne pas nous soucier de l’opinion d’autrui. En faire totalement abstraction relève de l’impossible, même si nous disposons d’une certaine marge de manœuvre.

Dans “La Personnalité” (Flammarion, 1999), citant une étude de 1989, Susan Cloninger, psychologue, affirme que les individus appartenant à des minorités souvent dévalorisées – homosexuels, handicapés – ne nourrissent pas pour autant une basse estime de soi, car l’obligation d’avoir à se protéger collectivement aurait un effet stimulant et protecteur.

Aimer un autre est une aventure où les hauts et les bas se succèdent.

Avec notre petite personne, la relation n’est guère plus paisible. A 8 heures du matin, le miroir me renvoie un reflet qui me convient, mais rien ne dit que ce sera le cas à la fin de la journée. Un inconnu me bouscule dans le métro, un problème au travail m’incite, le temps d’un éclair, à m’interroger sur mes compétences, et aussitôt mon rapport à mon image s’altère, et des souvenirs sombres, des jugements négatifs sur ma personne me reviennent à l’esprit.

Pourquoi cet écart entre moi et moi ? Paradoxalement, ce moi que nous considérons comme notre bien le plus intime et le plus privé n’a rien d’inné. Fœtus puis nourrisson, nous en sommes dépourvus. Le moi se construit dans la relation avec nos premiers « autres » : notre mère, notre père ou ceux qui en tiennent lieu.

Selon le psychanalyste Jacques Lacan, c’est vers l’âge de 18 mois – au moment du « stade du miroir » – qu’il commence à s’élaborer. C’est l’adulte qui suscite cette prise de conscience chez l’enfant en lui montrant son image dans le miroir et surtout en commentant : « Tu vois, là, dans la glace, c’est toi. » Et lui, de rire, de jubiler de plaisir en se reconnaissant. L’enfant qui a raté cette épreuve de reconnaissance de lui-même, peut être pris de terribles crises d’angoisse quand la glace lui renvoie son image : c’est une créature terrifiante et terriblement peu aimable qu’il aperçoit alors. Pour s’aimer, encore faut-il savoir que l’on existe en tant qu’individu distinct.

Les illusions positives

Selon Michael Ross et Anne E. Wilson, deux chercheurs de l’université américaine de Waterloo qui viennent d’achever une étude sur la façon dont les individus se voient au présent en comparaison de ce qu’ils ont été, ces derniers déclarent se plaire davantage aujourd’hui.

Tous se trouvent « plus intelligents, plus tolérants, plus généreux. » Et « ces illusions positives » les aident à mieux vivre et à s’aimer plus. Quand nous relatons des souvenirs d’enfance, des épisodes de notre prime jeunesse, la nostalgie est presque toujours au rendez-vous. En revanche, s’agissant de nos rapports avec notre moi, notre personnalité, nous avons besoin de penser que nous évoluons sans cesse vers du mieux, vers plus de qualités.

Ce mécanisme mental nous apaise, nous assure que nous ne vieillissons pas en vain, et que les années nous servent à nous perfectionner

QUAND L’AMOUR DE SOI FAIT DÉFAUT :

Impossible d’être indifférent, neutre par rapport à soi-même. L’absence d’amour de soi débouche toujours sur des conduites autoagressives, évidentes ou masquées.

• En premier lieu vient le manque de respect de sa propre personne. Sur le plan physique : je me néglige, je ne prends pas soin de mon apparence. Sur le plan affectif : lorsque mon partenaire me maltraite, me frustre, une partie de moi murmure que je ne mérite pas mieux. Je ne me résous pas à me prendre en main : je végète dans un travail sans intérêt, en me racontant que c’est toujours préférable à l’ANPE. Malade, je ne m’arrête pas, estimant que je n’ai pas le droit de me ménager, de m’occuper de moi. J’imagine n’avoir pas droit au bonheur, et je m’arrange involontairement, pour me construire une existence sans plaisir. Sans comprendre pourquoi, je stagne en permanence dans un état dépressif latent.

• Dans les cas les plus préoccupants, le manque d’amour de soi incite à des comportements dangereux – au volant notamment – constituant autant de défis à la mort. Surtout, il fragilise au point qu’un rejet, une rupture, un échec provoqueront parfois une tentative de suicide. Ne pas s’aimer contraint à douter d’avoir réellement droit à l’existence.

AMOUR, CONFIANCE OU ESTIME ?

Ces trois notions sont difficiles à distinguer, car presque synonymes. Pourtant, elles ont des significations distinctes. L’amour de soi et la confiance en soi sont les deux piliers qui permettent à l’estime de soi d’exister.

• L’amour de soi nous permet d’accepter nos failles et nos défauts avec indulgence, quoique sans complaisance, nous autorisant ainsi à nous accorder une importance alors même que nous avons conscience de notre imperfection.

• La confiance en soi nous persuade que « nous y arriverons » quand une épreuve inhabituelle se présentera. Elle concerne l’aptitude à « faire », à « agir ».

• L’estime de soi, elle, appartient au domaine de « l’être ». Lorsque notre regard sur nous-même est dénué d’amour, le manque d’estime de soi envahit l’espace : je vais douter perpétuellement de moi, de mon droit à m’affirmer et à être heureux.